Aller au contenu

L’histoire de l’école

Le 23 septembre 1822, Messieurs Parcheminier et Mallécot fondèrent un bureau de bienfaisance bien doté, en réservant les fonds nécessaires pour l’établissement de deux écoles : une école pour les filles dirigée par les sœurs du Saint-Esprit, et une école pour les garçons dirigée par les frères de Ploërmel.

Carte postale ancienne : l’école libre de Belle-Vue à La Bouëxière, bâtiment de pierre à un étage bordé d’arbres

L’école des filles, de 1825 à 1922, tenue par les Filles du Saint-Esprit

En 1825, deux Filles du Saint-Esprit arrivent à La Bouëxière pour les soins et les visites des malades à domicile. En 1828, une école nommée « petite école charitable » commença avec une classe, puis deux. Elle se situait sur l’actuel parking, en face de la mairie.

En 1884, une troisième classe ouvrit à la demande du préfet. En 1896, l’école avait donc trois classes et 180 élèves.

En 1904, l’école devint indépendante de la religion, pour laisser place aux institutrices publiques. Les sœurs partent. Deux d’entre elles restent à La Bouëxière et vont s’installer dans un logement appartenant à M. Huchet, à Bellevue. Celui-ci avait déjà commencé des travaux sur sa propriété afin de construire une école libre. Cette école était tenue par des institutrices laïques et s’ouvrit le 14 novembre.

Les religieuses, obligées de chercher un autre logement, furent accueillies elles aussi à Bellevue, dans une bergerie aménagée pour elles. Elles s’y installèrent le 9 novembre et y restèrent dix-neuf ans, jusqu’en 1922.

En 1914, des sœurs passent devant un juge d’instruction de Rennes, à la suite de plusieurs enquêtes de gendarmerie concernant leur rapport avec l’école libre.

Jusqu’en 1922, les sœurs venaient plusieurs fois par jour de Bellevue au bourg, situé à 1 500 mètres, pour la messe, le catéchisme à tous les garçons de la commune et l’entretien de l’église, sans compter les visites aux domiciles des malades. L’éloignement du bourg était difficile pour les sœurs comme pour les enfants : tous souhaitaient le transfert de l’école.

En 1908, M. Le Hô, un autre bienfaiteur, acheta l’ancienne école des garçons, restée libre depuis le départ des frères en 1902. Il la mit aussitôt au service de la paroisse.

Par sécurité, il fonda la Société immobilière de La Bouëxière, dont il devint le président. Ces locaux furent aménagés pour accueillir l’école de Bellevue.

En 1922, le transfert de l’école et de la communauté eut lieu dans l’école Saint-Joseph.

Carte postale ancienne : le bâtiment de l’École libre de Belle-Vue, à La Bouëxière
L’École libre de Belle-Vue, à Bellevue. Carte postale ancienne.
Photographie ancienne de la grande rue de La Bouëxière, bordée de maisons

L’école des garçons, de 1855 à 1922 : les frères de Ploërmel, puis le patronage

L’école des garçons a été ouverte le 1er mai 1855 par le cher frère Cléonique. De 1855 à 1890, elle se trouvait à l’emplacement de l’actuelle banque CMB. Elle était tenue par les frères de Ploërmel, qui habitaient au presbytère, sous la direction du frère Cléonique.

Au début, il y avait donc deux classes et deux maîtres : le frère Cléonique, assisté du frère Adalsande. Après quelques années, la troisième classe fut établie. Elle accueillait les garçons de la commune et des communes voisines, et possédait un internat.

La nouvelle école fonctionnait bien, mais en juillet 1904 une nouvelle loi fut votée : celle de la séparation de l’Église et de l’État. On interdit alors aux frères d’enseigner, et les locaux furent confisqués au profit de l’État. Pour que l’école puisse survivre, M. Jean Le Hô racheta l’ensemble des bâtiments le 24 janvier 1908. Le logement des frères fut revendu à M. Sauton, et l’école devint le patronage des garçons — sauf de 1914 à 1918, où y furent hébergés des prisonniers allemands, puis des soldats russes.

En 1922, l’école des filles prit la place du patronage. Le bâtiment devint l’école des filles Saint-Joseph.

En 1891, l’école fut laïcisée, c’est-à-dire que les frères devaient quitter l’établissement. Voulant les garder à La Bouëxière, les paroissiens décidèrent d’acheter un terrain : l’actuelle parcelle où se trouve notre école. Ils allèrent chercher le propriétaire à Brest et achetèrent le terrain 2 000 francs. La construction put commencer.

Photographie ancienne : un groupe de fillettes en robe blanche devant un mur de pierre

L’école des filles à Saint-Joseph, de 1922 à 1971

En 1922, l’école des filles déménage dans les locaux actuels de notre école et s’organise petit à petit.

En 1927, La Bouëxière fêta le centenaire de la fondation Parcheminier-Mallécot, à l’initiative des écoles catholiques de la commune.

L’école des filles dans les années 1930

En 1930, l’effectif s’élève à 120 élèves. La directrice s’appelait Mademoiselle Germaine, accompagnée de Mademoiselle Yvonne et de sœur Jeanne. Il y avait alors trois classes : une classe maternelle avec garçons et filles, et deux classes primaires accueillant uniquement des filles.

Photographie ancienne : un grand groupe de filles et leurs enseignantes, dans la cour
Les élèves de l’école des filles. Photographie ancienne.

La Seconde Guerre mondiale, et les années qui suivent

En 1939, la guerre éclate, et Mademoiselle Bouthémy, enseignante à l’école des garçons, vient à l’école des filles. Pendant la guerre, des soldats allemands occupent la partie haute de l’école.

En 1945, l’école libérée grandit, et l’on doit transformer la garderie en classe enfantine.

En 1957, une quatrième classe ouvre. Les sœurs manquent d’espace pour se loger : on transfère la cantine à l’école du Sacré-Cœur. Il paraît que, par manque de place, une sœur dormait dans un placard !

En 1959-1960, pour permettre aux sœurs de vivre normalement à l’école, de nouveaux locaux sont construits — le bâtiment où se trouve l’actuelle classe de petite section. Ils servaient de cantine et de logement pour les sœurs. Cette nouvelle partie de l’école fut bénie le 9 octobre 1960 par le cardinal Roques, qui remerciait ainsi les paroissiens et la Société immobilière de La Bouëxière de leurs travaux.

Le même jour, Mademoiselle Bouthémy reçoit à l’école les palmes académiques. Dès le lendemain, les élèves retrouvent une nouvelle cantine à Saint-Joseph, ainsi que les autres enseignantes : sœur Louise, Madame Havard, et la directrice, sœur Monique.

L’école continue sa vie et, en 1971, les garçons du Sacré-Cœur rejoignent les filles dans les classes de Saint-Joseph. Les sœurs du Saint-Esprit quittent l’école, remplacées par des enseignants de l’enseignement catholique.

Coupure de presse : le bâtiment de la nouvelle aile, et le cardinal Roques bénissant les locaux
La presse locale rend compte de la bénédiction de la nouvelle aile de l’école des filles par le cardinal Roques.
Deux photographies anciennes de groupes d’élèves devant le bâtiment de l’école

L’école des garçons, de 1935 à 1971 : l’école du Sacré-Cœur

En 1934, M. Le Hô acheta un terrain à la famille Boismartel, en face de l’école Saint-Joseph — l’actuelle cantine. À la rentrée 1935, une nouvelle école fut ouverte : l’école du Sacré-Cœur. Son directeur était l’abbé Beucher, aidé de Mademoiselle Bouthémy ; il y avait deux classes et 68 garçons.

L’école était surnommée « l’école des Chouans ».

Photographie ancienne : des élèves rassemblés devant le bâtiment en pierre de l’école

Le Sacré-Cœur pendant la guerre

En 1939, Mademoiselle Bouthémy passa à l’école des filles et l’abbé Beucher partit à la guerre. Madame Blandin et son frère, vicaire de La Bouëxière, sont nommés à l’école du Sacré-Cœur.

Malheureusement, l’école est occupée quelque temps par les Allemands : les deux classes sont transférées chez des habitants, l’une dans la salle à manger de M. Malhaire, rue Jean-Marie-Pavy, l’autre chez M. Faucheux, rue Paul-Féval.

À la fin de la guerre, des prisonniers malgaches construisirent les fondations d’une troisième classe, dans l’actuel logement de M. Jagline. On y avait installé une scène pour le théâtre et le cinéma : le dimanche, les garçons s’y retrouvaient pour regarder un film ou monter une pièce.

En 1957, l’école est modifiée pour que les filles puissent manger avec les garçons, faute de place à Saint-Joseph. Quelques années plus tard, la cantine repart à Saint-Joseph ; les effectifs des classes sont faibles et, en 1971, la mixité se fait : les garçons et les filles sont dans les mêmes classes.

Photographie en couleurs : des élèves déguisés dans la cour de l’école

L’école privée mixte Saint-Joseph, de 1971 à nos jours

En 1971, les garçons et les filles se retrouvèrent dans la même école, avec cinq classes. Les effectifs chutent, et l’école se retrouve à quatre classes pour 84 élèves.

Les cours élémentaires se tenaient dans l’actuelle cantine, et le logement de M. Jagline servait de logement de fonction. Un préfabriqué fut construit, servant de salle de jeu et de sanitaires. La cantine se trouvait alors au rez-de-chaussée de notre école, dans l’actuelle salle des professeurs et salle de sieste.

Le bâtiment de l’école après les travaux, avec sa coursive en bois le long du premier étage

Le contrat d’association et la rénovation, de 1992 à 2001

En 1992, M. Lambert, directeur de l’école, signa un contrat d’association avec la mairie. L’école est alors à quatre classes. En 1997, Mme Lecocq devient directrice, et les élèves de cours élémentaire, restés dans l’ancienne école du Sacré-Cœur, sont transférés sur le même site que les autres classes ; la cantine prend leur place.

En 1998, les effectifs remontent et l’idée d’une rénovation se fait sentir.

En 2000, les effectifs sont de 106 élèves : les travaux commencent. Une coursive est construite, les classes sont rénovées. L’école compte alors quatre classes occupées et deux classes libres pour l’avenir. Mme Chuberre, enseignante de l’école, prend la direction pour une année.

Depuis 2002

En 2002, un nouveau directeur est nommé, M. Ordonneau : une cinquième classe ouvre et les effectifs atteignent 136 élèves. Un conseil d’établissement ainsi qu’un conseil d’élèves voient le jour.

  • 2003 : la cantine est rénovée par les parents — une dalle carrelée est coulée, une entreprise installe les faux plafonds. Le nombre d’élèves augmente toujours : une sixième classe ouvre, l’école est complète. Une discussion s’engage sur son extension.
  • 2004 : les effectifs poursuivent leur augmentation avec les petits frères et sœurs des enfants déjà présents à Saint-Joseph. Les travaux d’extension sont décidés, le préfabriqué est détruit.
  • 2005 : les travaux commencent — agrandissement de deux classes, des sanitaires, et une nouvelle salle de jeu.
  • 2006 : ouverture d’une septième classe.
  • 2007 : arrivée d’un nouveau directeur, M. Launay. Les effectifs sont de 165 élèves.
  • 2009 : fermeture d’une classe ; les effectifs, eux, restent constants. Arrivée d’une nouvelle directrice, Mme Livier-Mabille.
  • Septembre 2011 : réouverture de la septième classe, et changement de direction : Mme Hélène Boudard.
  • Septembre 2014 : changement de direction : Mme Carine Crublé.
  • 2015 : le préau, qui datait de plus de cent ans, est remplacé par un préau plus grand et plus fonctionnel. Un cabanon est créé pour ranger le matériel de la cour.
Le préau de l’école vu depuis la cour, avec ses marquages au sol
Le préau construit en 2015, à la place de celui qui avait plus de cent ans.
La cuisine de la cantine et sa ligne de self, en inox

Une huitième classe, et une cantine toute neuve

En septembre 2018, la huitième classe ouvre.

La même année, après trois mois de travaux, la nouvelle cantine entre en fonction : espace cuisine, accès livraison, local à poubelles, sanitaires et vestiaires. Les élèves se sont habitués très vite à ce fonctionnement en self. Ravis du gain d’autonomie, ils mettent toute leur concentration à porter le plateau !

En 2019, la salle de réunion est aménagée, le dortoir des tout-petits et des petites sections agrandi, et les bâtiments adaptés pour l’accessibilité.

Une salle de classe aux tables alignées, dont un mur vient d’être repeint en rouge

De 2020 à aujourd’hui

Trois classes ont été repeintes dans le cadre d’une action « 48 heures pour tout repeindre ! ». Après l’intervention des élèves et des enseignants des classes concernées pour vider leur lieu de travail, ce sont les parents volontaires qui se sont relayés le temps d’un week-end pour jouer du pinceau. Avec une classe flambant neuve, quel plaisir de revenir en cours !

En 2022, l’Association immobilière de La Bouëxière a fait l’acquisition du terrain jouxtant l’école.

En septembre 2025, Mme Céline Lehuger prend la direction de l’école.

Bibliographie et remerciements

Sources utilisées : archives de l’école, archives départementales, archives des Filles du Saint-Esprit de Saint-Brieuc, archives du Vatican des frères de Ploërmel, cartes postales de la collection personnelle de Mme Ory, Ouest-France.

Merci à Hélène Boismartel, Mme Blandin, M. et Mme Francis Havard, M. Benoît Bourel et à son travail de recherche auprès de MM. Sauton et Bouthémy, M. Erwan Ordonneau, Antoine et Émilienne, M. François Mazurais, Mme Huguette Poirier, M. Pierrick Houget, Mme Valérie Huguet, Mme Ory et son fils.